Bali, île paradisiaque ou dépotoir à ciel ouvert ?

Ils sont nombreux les qualificatifs qui vantent les mérites de Bali et le particularisme de ses habitants ; de grandes plages de sable blanc, les meilleurs spots de plongée et de snorkeling de toute l’Indonésie, une culture enrichissante et un peuple accueillant, des rizières luxuriantes sans oublier le faste des temples balinais, etc.

Pourtant, loin de la première destination touristique au monde existe un autre Bali dont on ne parle pas assez, celui de l’extrême pauvreté, de la pollution et, parfois, de la violence.

Bali, un paradis sans violence ?

À Bali, vous croiserez la route de beaucoup de chats. Concernant les chiens, il n’existe pas de politique de régulation par stérilisation de la population de canidés balinais. Ceux-ci sont régulièrement éliminés par divers moyens. On estime d’ailleurs que 70 000 à 100 000 d’entre eux finissent en brochettes…

Les pratiques religieuses sont à l’origine de nombreux sacrifices d’animaux. Chaque année, 3 000 tortues sont sacrifiées ou mangées à Bali. Les combats de coqs, bien qu’illégaux, sont monnaie courante et les entraîneurs ajoutent des lames de rasoir à leurs ergots pour les rendre plus agressifs.

Il est certain que le vol est très rare à Bali, mais la vindicte populaire à l’égard des voleur est digne du supplice du pilori au Moyen-âge. Si un chapardeur est attrapé par la population, il risque fort d’être bastonné, voire lynché avant que la police n’intervienne.

La pauvreté est grande et tout le monde ne mange pas à sa faim. Tandis qu’une petite part de la classe moyenne s’enrichit grâce au tourisme, de Ubud à Sanur des femmes et leurs enfants mendient et dorment dans les rues des villes, aux carrefours routiers ou près des devantures des magasins. Environ 100 millions d’Indonésiens, sur un total de 250, n’ont pas bénéficié de la vigueur de l’économie ces dix dernières années et vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Bali, île paradisiaque

Bali : derrière le voile du rêve, une triste réalité

Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les décharges sauvages sont monnaie courante et l’on jette quotidiennement des centaines de camions de détritus dans les rivières et dans la mer.

Les eaux qui servent à irriguer les cultures sont toutes polluées et l’eau courante est impropre à la consommation si elle n’a pas été bouillie. Dans les warungs, demandez toujours de l’air masak (eau chaude en Indonésien).

Enfin, la plus importante déchetterie de l’île n’est autre qu’une montagne de 15 hectares, surnommée Mount Rubbish, aux abords de laquelle survit une population de miséreux. Quant à Kuta, si vous tenez à votre santé ne vous baignez jamais sur la plage car ses eaux – dit-on – sont parmi les plus polluées d’Indonésie !

On est loin de l’image d’Épinal habituellement répandue…

Elles, ils aident les plus démunis

Comme partout ailleurs en temps de crise, l’humain fait montre de partage et d’entraide. Les mentalités évoluent et des initiatives naissent à Bali et dans le reste de l’Indonésie pour aider les plus pauvres de l’archipel.

La santé pour tou-te-s

Depuis 2005, la petite ville de Nyuh Kuning, à côté de la cité touristique d’Ubud, accueille la clinique Yayasan Bumi Sehat. Née à l’initiative de l’américaine Robin Lim, la clinique s’est donnée pour mission d’aider les futures mamans les plus pauvres de l’archipel Indonésien. Ici, pas d’honoraires de consultations ni de frais, les patientes donnent ce qu’elles peuvent. Les portes sont ouvertes à toutes les mères qui ne peuvent payer les frais d’accouchement exorbitants réclamés par les hôpitaux. Le gouvernement a bien mis en place un système permettant de bénéficier de la gratuité des soins, mais la complexité bureaucratique du processus est décourageant pour la partie la plus pauvre et souvent illettrée de la population.

Logements gratuits à Jimbaran

Dans certaines régions de Bali, le gouvernement provincial essaie d’améliorer les conditions de vie des populations pauvres, notamment grâce à des programmes qui permettent d’acquérir de modestes maisons gratuitement. À Jimbaran, Ayana Ressort a construit 57 logements pour les habitants les plus défavorisés dans le cadre du programme de Responsabilité Sociale des Entreprises.

Énergies renouvelables

Dans de nombreux villages balinais et sur les îles Gili, des régions jadis très pauvres bénéficient aujourd’hui de meilleurs conditions de vie grâce à l’installation de panneaux solaires.

Comme nous les Balinais souhaitent une vie meilleure pour eux et leurs enfants. Cela signifie recevoir une bonne éducation dans une école, les aider à quitter le piège d’un tourisme qui les appauvrit, bénéficier d’un service de santé publique efficace et pouvoir bâtir des infrastructures et améliorer la qualité de l’eau, les routes, les transports, etc.

Statue dans un temple Balinais

Avant de partir… Réfléchir !

Réfléchissez aux milliards de dollars qui se déversent dans Bali chaque année grâce au tourisme, et les millions d’autres perçus en taxes et frais de service. Maintenant, demandez-vous pourquoi les enfants souffrent de malnutrition en de nombreux endroits de l’île ? Pourquoi les routes, les écoles et les hôpitaux sont financés par des donateurs et non par des impôts locaux ? Pourquoi le système de traitement des ordures est si désuet qu’il en devient terriblement dangereux pour la santé ?

Si l’on en croit certains « spécialistes », la classe moyenne émerge. Mais Bali ne devrait-elle pas être, au contraire, une île de l’abondance pour tous les balinais ? Ces inégalités sont alarmantes et ne devraient pas exister dans une île aussi riche que Bali. À croire qu’aujourd’hui encore seuls les investisseurs, les expats et les citadins bénéficient réellement du tourisme…

Soyez respectueux de Bali, elle vous respectera

Si l’on souhaite protéger l’île de Bali et son peuple, ne nous contentons pas de séjourner dans des hôtels de luxe avec vue sur la mer, de dîner en compagnie du Roi de la jungle au Bali Safari park ou de faire du parachute à Gili Trawangan. Ce tourisme là est la principale source des problèmes exposés ici. Soutenir ceux qui volent et qui oppriment les balinais signifie aussi être coupable de leur disparition.

Au contraire, je pense qu’avant de découvrir Bali, il est nécessaire de s’interroger sur certaines choses : quel impact notre présence peut-elle avoir sur cette île magnifique que l’on appelle « Paradis » ? Souhaite t-on réellement qu’elle le soit toujours ou sommes-nous prêt à aller polluer d’autres îles encore sauvages ? Ce sont des sujets qui fâchent, mais ne pas s’y intéresser, c’est ne pas se soucier de l’avenir de Bali ni du précieux patrimoine Indonésien.

De Ubud aux joaillers de Celuk

Toute la magie de Bali est à Ubud

Threads of Life : conservation de la culture traditionnelle balinaise

Depuis l’axe principal de Ubud, empruntez la Jalan Kajeng. Le long de la rue, de nombreuses échoppes où vous trouverez de très beaux tissus, des sarongs et quelques souvenirs locaux. C’est au numéro 24 de cette rue que Threads of Life présente les créations admirables de ses créatrices traditionnelles.

Threads of Life est une entreprise de commerce équitable qui œuvre à la conservation de la culture traditionnelle balinaise et lutte contre la pauvreté rurale en Indonésie. Les textiles de qualité et les paniers sont fabriqués avec des matériaux locaux et des colorants naturels, avec une qualité que vous ne verrez généralement que dans les musées. Threads of Life travaille avec plus de 1000 femmes réparties sur 11 îles de l’archipel Indonésien, il aide les tisserandes à créer des coopératives indépendantes, pour transmettre les savoir-faire de leurs ancêtres, gérer leurs ressources de manière durable, et exprimer leur identité culturelle tout en développant leur activité.

Acheter des cadeaux éthiques à la Kupu-Kupu Foundation

A dix minutes du centre-ville, la fondation Kupu-Kupu (papillon en Indonésien) aide les femmes et les hommes handicapés à vivre de leur métier. Tisserandes, peintres traditionnels, créateurs de cerfs-volants, graveurs sur bois, etc.

Les rizières près de Kupu-kupu FoundationKadek, Made ou Wayan avaient tous des handicaps qui les empêchaient de trouver leur place dans la société Indonésienne. Pour quelle raison ? Parce que le gouvernement Indonésien rejette les malades mentaux, les enfants trisomiques et les handicapés, considérant bien souvent leurs maladies comme des tares qui n’apportent rien au pays.

Une insupportable situation que Begonia Lopez, espagnole et philanthrope, a décidé de transformer en créant la Kupu-Kupu Foundation à Ubud. Après avoir passé la boutique Threads of Life (voir ci-dessus), continuez la Jalan Kajeng d’une centaine de mètre pour découvrir la boutique Kupu-Kupu. En achetant chez Kupu-Kupu, vous saurez que vous venez d’aider quelqu’un qui en a vraiment besoin.

Où dormir dans les rizières ?

Si vous souhaitez dormir dans les rizières de Ubud, loin de la ville et des concerts de klaxon, Kupu-Kupu Foundation dispose de trois petits bungalows installés dans des maisons traditionnelles en bambous.

Depuis la Jalan Kajeng, continuez tout droit puis montez la côte pour atteindre les rice fields (sawah), les terrasses des rizières. Un spectacle incroyable s’offre alors à vos yeux. Prenez à droite et au prochain croisement, empruntez le tout petit sentier à gauche pour rejoindre les bungalows de la kupu-Kupu Foundation. Vous y serez accueilli chaleureusement par Wayan et son ami et peut-être aurez-vous la chance d’y croiser Bégonia.

Les chambres sont rudimentaires mais très propres, la douche est simple, eau froide et petit déjeuner de pancakes avec thé et Kopi Bali (café Luwak balinais). Le soir, dès la tombée de la nuit, ne manquez pas le surprenant spectacle du ballet des lucioles au milieu des rizières bordées de cocotiers, un moment magique et grandiose que vous ne verrez nulle part ailleurs.

Barong et la danse Kris

Le petit village des tailleurs de pierre de Batubulan, dans la province de Gianyar, n’est pas seulement célèbre pour ses sculptures, mais également pour sa troupe théâtrale de villageois connue de toute l’Indonésie.

Tôt le matin, ces derniers quittent les champs ou leurs ateliers pour enfiler un costumes de Barong, de Rangda ou de Dalem, ils chaussent leurs masques de bois aux effigies des dieux du Râmâyana, se maquillent et montent sur scène pour un grandiose spectacle de Barong, de Tari kecak ou de Danse Kris (les célèbres poignards aux lames asymétriques).

Le théâtre Chandra Budaya n’étant pas toujours bien indiqué, demandez votre chemin et laissez-vous guider par un villageois. N’en soyez nullement surpris, il n’est pas rare que les balinais vous invitent à les suivre, sans jamais rien demander en retour si ce n’est un sourire et quelques mots échangés.

Plus d’infos sur : www.sahadewabarongdance.com

Spectacle de danse Legong…

Legong Dance à Ubud
Danseuse Legong au Balai banjar Ubud kelod, avec la Pusa Kirana Art Foundation.

Vous ne pouvez quitter Bali sans avoir vu un spectacle de danse Legong, de trance Kecak ou de Wayang Kulit, le théâtre de marionnettes balinais. Dans le centre d’Ubud, rendez-vous au point d’Information et demandez la liste des spectacles. Chaque soir à Ubud, de nombreux spectacles sont proposés aux visiteurs désireux de découvrir le Bali authentique au travers de la magie des danseuses de Legong et des joueurs de gamelan. Soirées fortement touristiques mais vous pourrez découvrir des représentations de grande qualité, dans des cadres enchanteurs et des temples ornés de sculptures du Ramayana, parfumés de fleurs de frangipanier et d’encens.

… ou de Wayang Kulit

Wayang Kulit à UbudLe théâtre de marionnettes se situe dans la Rue de Monkey Forest (la forêts des Singes), face au terrain de football, dans la cour intérieure du Ubud City Hotel.

Les représentations ont lieu le mardi et le samedi à partir de 20h00, l’entrée est de 100 000 roupies. À la fin du spectacle, allez voir le marionnettiste qui aura plaisir à vous parler de son art et de ses marionnettes. Celles-ci sont confectionnées à la main par un artiste de Sukawati (le plus important marché d’Art de Bali). Vous en trouverez beaucoup de reproductions dans les échoppes et sur les marchés traditionnels de l’île. Mais si vous passez par Sukawati, demandez « Pembuat Wayang kulit » (puppet maker) pour trouver d’authentiques fabricants de marionnettes (merci mon neveu).

À lire : Jalan, jalan, terasa… le dalang et la wayang kulit

Au détour d’un chemin et si vous avez loué un scooter (voir à Sanur), arrêtez-vous lorsque vous entendez les gamelans ou dans les fêtes de villages. Vous y serez toujours bien accueillis et il n’est pas rare d’y voir de vraies danseuses de Legong locales ou du Tari kecak comme vous n’en trouverez nulle part ailleurs.

Les joailleries de Celuk

Joaillerie de Celuk, Bali
Joaillière travaillant une bague, chez “Mar’s” à Celuk.

Si vous cherchez une belle bague en argent, une paire de boucle d’oreilles finement ciselée ou un bracelet en or ornée de pierres précieuses, continuez votre route jusqu’à Celuk. C’est là que vous trouverez les plus beaux bijoux de Bali, fabriqués sur place dans les ateliers de la ville.

Le village est situé dans le district de Sukawati. Presque toutes les familles et les villageois balinais ont conservé l’âme artistique et créative. Avec l’avènement du tourisme, la variété des produits liés à l’or et à l’argent s’est fortement diversifiée.

Les pierres proviennent essentiellement de l’île de Bornéo, dans l’archipel Indonésien. Les artistes travaillent le métal artisanalement et à la main, et vous pourrez les voir à l’œuvre tout en parcourant du regard les étals de bijoux qui jalonnent les boutiques.

Ce village artisanal avec une longue histoire de joaillerie a su conserver son savoir-faire traditionnel, tout en s’adaptant aux demandes du marché. On y trouve aujourd’hui des produits modernes tels que les médailles et les symboles de la culture Indonésienne. N’hésitez pas à demander des créations originales, vous pouvez même venir avec votre propre métal pour la confection d’un bijou personnalisé qui vous sera fait dans les règles de l’Art des joailliers balinais.

À Bali, les portes s’ouvrent si vous les poussez

Portes ouverts à UbudCroyez-moi sur parole, quelque soit l’endroit où vous vous trouverez, vous serez surpris de la gentillesse et de l’accueil du peuple balinais.

Ne craignez jamais les gens qui vous invitent, oubliez vos superstitions et votre culture occidentale, n’ayez pas peur de l’inconnu et votre séjour sur l’île des Dieux n’en sera que plus mémorable.

Le balinais, le touriste et l’environnement

L’impact du tourisme à Bali

Une lavandière balinaise à SidemenLe tourisme permet-il de générer un essor économique durable et équitablement réparti ou, au contraire, renforce t-il les inégalités existantes ? Favorise t-il les politiques de préservation des sites culturels et naturels ? Quelle est sa relation avec la culture et la philosophie Balinaise et quelles actions sont mises en place pour préserver l’environnement ?

Chaque année, ce sont plus de trois millions de personnes qui partent à Bali à la recherche de l’Éden, sans aucun accompagnement écologique ou sanitaire. L’île des Dieux deviendra t-elle un jour une poubelle à ciel ouvert avec des centaines de tonnes de déchets et eaux usées non traitées chaque jour ? Eaux dans lesquelles se baignent le soir balinaises et balinais…

Les professionnels du tourisme de masse ont pour but d’envoyer un maximum de touristes à Bali, mais peu considèrent que la gestion de l’île par les pouvoirs publics les regardent réellement. Crise en eau potable, déchets non recyclés et rejetés dans la nature, voici quelques uns des bouleversements qui mettent en péril l’avenir des balinais et de leur île. À clientèle haut de gamme, confort haut de gamme : certaines chambres d’hôtel consomment jusqu’à 300 litres d’eau par jour !

Des 13 000 tonnes de déchets quotidiens collectés à Bali, 5000 tonnes sont rejetées à la mer et dans les rivières, provoquant de terribles dégâts sur la faune, sur la flore locale et sur le massif corallien. On ne parle pas de la santé des habitants locaux. Quand la terre et la mer seront totalement souillées, plus aucun touriste ne viendra alors à Bali. Que deviendront alors les balinais ?

Le respect de la Nature fait partie de la culture Balinaise

Pour préserver l’île magnifique de Bali, des initiatives privées et des solutions apparaissent cependant.

Alternatives pour gérer les flux de personnes et d’ordures, pour assurer un service de tri et de ramassage que le gouvernement Indonésien, dépassé par les évènements, refuse de prendre en charge. Pourtant en 2012, ce dernier avait lancé la campagne Go Green Bali afin de sensibiliser les provinces et les politiques dans tout Bali.

Peduli Alam : prendre soin de la Nature

logo_peduli_alam_indonesia_organicLe problème du traitement des ordures est un problème global et mondial. Cela demande du temps. Mais le respect de la nature et des animaux qui y vivent est profondément ancrée dans la culture et les rites balinais. La route sera longue mais les comportements et les habitudes changent déjà !

Ainsi, en 2008 est née l’association de protection de l’environnement Peduli Alam, spécialisée dans la collecte des déchets ménagers et la prévention des dangers causés par le rejet des ordures dans la nature. Aujourd’hui, Peduli Alam collecte et recycle cinq tonnes de déchets chaque mois un peu partout à Bali.

www.PeduliAlam.org

Reef Check protège le massif corallien

logo-reef-checkLa Fondation Reef Check a débuté en 1996. Elle est aujourd’hui constitué de centaines de membres qui œuvrent chaque jour pour la survie des massifs coralliens à travers le monde et notamment en Indonésie.

Reef Check forme également de nombreux plongeurs locaux et occidentaux à Bali. Lors de votre prochaine plongée à Turtle Point aux îles Gili ou sur l’épave du Liberty, n’oubliez de demander à votre instructeur s’il est membre de Reef Check. Il vous expliquera certainement quelles sont ses actions en faveur de la sauvegarde de la faune et de la flore marine. À Bali, les plongeurs font très attention au respect des coraux, à la sensibilisation des publics et à l’impact destructeur que peuvent causer certains plongeurs peu scrupuleux sur le massif corallien. Enfin, si vous vous émerveillez devant les poissons clowns, les tortues de mer ou un fishfrog rougeoyant, évitez de prendre un abonnement dans un club de pêche sous-marine. Prenez un masque et un tuba, observez et laissez ces animaux multicolores vivre leur vie dans le plus bel aquarium à ciel ouvert du monde !

www.ReefCheck.org

Voyager responsable à Bali

De retour après quatre semaines d’itinérance en Indonésie, j’ai souhaité partager de nouveau mon périple avec vous, vous présenter la culture balinaise et Indonésienne en générale au travers de bonnes adresses et de sites culturels d’exception. Je vous propose donc un long voyage pour découvrir et comprendre l’Art et la culture balinaise, pour apprendre a voyager de façon éthique et responsable dans ce magnifique continent si différent du notre.

Ce second carnet de voyage Balimimpi vous entraînera dans les rizières d’Ubud à la rencontre de peuples qui luttent pour faire perdurer leur culture traditionnelle, dans le village des tailleurs de pierres de Batubulan et près des joaillers de Celuk, en passant par le marché d’art de Sukawati, les temples sacrés de Tampaksiring, Goah gaja et Goah lawah, gravissant les pentes du Mont Batur jusque sur les plages idylliques des îles Gili, à la sauvegarde des tortues de mer et des coraux, sans oublier Amed, Gianyar ou les tisserandes de Sidemen.

Respecter Bali et les Balinais(es)

Bali est une île paradisiaque, mais hélas qui dit paradis sur terre dit aussi un tourisme exacerbé qui ne cesse de croître. Son peuple chaleureux et accueillant n’en demeure pas moins très appauvri par les chaînes hôtelières européennes et les multinationales occidentales (Novotel, Pan pacific, Coca Cola…) et notre plastique pétrolifère n’est pas près de finir son rôle destructeur en polluant rivières et sites naturels.

À la manière de nombreuses ONG et fondations humanitaires qui œuvrent chaque jour pour protéger Bali, il est de votre devoir de voyager en respectant ce lieu magique. Car au delà du caractère onirique de Bali, l’île subit chaque jour un peu plus le courroux du tourisme de masse et risque de devenir, à plus ou moins long terme, comme ces stations balnéaires pour occidentaux aisés, bétonnée à outrance, toutes contestations locales violemment réprimées au profit de la construction de grands hôtels aux piscines privatives.

Même si les touristes auront toujours la possibilité de voyager ailleurs, et d’aller polluer Flores, Java, Komodo ou une des 17 000 autres îles que compte l’archipel Indonésien, qu’en sera t-il des balinais dont la culture et les traditions étouffent déjà sous les gaz d’échappements des cars de blancs en goguette ? Les condamnerez-vous à demeurer sur leur île devenue le paradis des surfeurs, des touristes et de leurs GoPro, polluée, souillée, arbres et forêts brûlés au profit de palmeraies huileuses et plus rentables ? C’est là une des cruelles questions qui restent en suspens et que les tours operator et les agences de voyages se gardent bien de mentionner auprès de leurs clients. C’est pourtant aujourd’hui que l’avenir de Bali se joue.

« Les hôtels tuent les balinais », disait Wayan à la Kupu-Kupu Foundation d’Ubud. Le revers de la médaille est dur à supporter pour ceux qui pensent que le tourisme va les enrichir. À terme, l’île s’appauvrit et même si la classe moyenne semble croître davantage, cela ne durera qu’un temps. Demeurez respectueux de ce lieu, aidez les populations locales, voyagez de façon équitable et durable. Ce n’est pas parce que nous roulons au gasoil qu’on ne peut respecter l’environnement et les contrés que nous traversons. Le vélo et la marche sont aussi possible de Bali aux îles Gili !

Un autre regard sur l’île des Dieux

Comme à mon habitude, je suis parti avec mon appareil photo et mon carnet de croquis, crayons, pinceaux, aquarelles et un petit guide Français-Balinais pour apprendre les rudiments de la langue Indonésienne. Les articles vont s’enrichir de quelques dessins croqués sur place et de belles photographies pour vous faire découvrir les somptueux paysages de quelques îles et les peuples qui y vivent. J’ajouterai également les phrases habituelles et quelques données de langage afin de vous aider dans vos échanges. L’indonésien est une langue très simple et les balinais apprécieront lorsque vous parlerez dans leur langue, car c’est aussi là que commence le respect de l’étranger qui vous accueille chez lui 😉

Les balinais sont un peuple des plus accueillants, si plein d’amour à partager qu’un simple échange de quelques mots accompagné d’un sourire vous sera rendu au centuple. Vous découvrirez alors l’Indonésie d’une façon qu’aucun guide touristique ne saura jamais vous la montrer.

Consulter l’Atlas de Bali et des îles Gili

Je vous souhaite de belles lectures et un très beau voyage !
Kler.