Ainsi sont les voyages…

Coucher de soleil sur BaliLe boeing affrété par la Malaysia Airlines se pose en douceur sur le tarmacadam de Roissy Charles de Gaulle. Ma voisine au hublot s’interroge sur le climat parisien. C’est son premier voyage en France. Je lui réponds élégamment qu’il fait plus frais qu’en Malaisie… Il est peut-être agréable qu’un voyage prenne fin mais, finalement, c’est le voyage qui compte.

Je me remémore ce voyage et tout ce que j’y ai découvert, les personnes que j’y ai croisé, les choses inestimables que j’y ai vécu. À Bali, il m’a semblé que chacun œuvrait dans la paix et le respect des autres. Je n’ai jamais croisé aucune violence et le vol était une chose aberrante dans la plupart des villes et villages de l’île.

Je n’ai jamais non plus réellement ressenti de convoitise ou d’envie. Lorsque je voyais la misère me tendre un fruit ou un vêtement, ou pour simplement m’indiquer la route alors je donnais. C’est un geste simple et naturel qu’il est facile d’accomplir et je ne le faisais pas par pitié mais parce que j’en avais envie. Ne rien attendre en retour, sinon le regard de l’autre.

À Bali, on vénère chaque chose, animal ou plante et le plus important, chaque instant de la vie. Les jours sont ponctués de rites et cérémonies plus ou moins grandioses, où l’on communie, dans la joie et la prière. C’est ce que nos sociétés occidentales ont perdues il y a longtemps et qui fait de notre monde un univers anémique, culturellement et spirituellement, en quête de réponses et d’identité.

Nos civilisations se sont toujours résumées aux opportunités de pouvoir ou de ne pas pouvoir. Tout est dans cette emprise autoritaire et anti-spiritualiste. À Bali, quand bien même la misère est omniprésente les ressources primordiales sont là : l’eau, la pierre ou le bois sont aisément accessibles. Car les plus grandes richesses ne sont pas matérielles. L’esprit de l’échange est prépondérant dans la culture. La religion hindouiste et l’harmonie intérieure des balinais nous pénètre et élargit nos horizons.

Alors je souhaite que ce monde là conserve à jamais la paix qui l’habite, car je crois sincèrement que seules ces cultures séculaires éclatantes préserveront l’humanité. Et je prie sincèrement les dieux de Bali pour que nos sphères occidentales sans saveurs ne corrompent pas cet autre paradis. En écrivant ces lignes, je brûle un bâton d’encens d’Utama devant l’effigie de Kresna; la marionnette de Wayang Kulit que j’ai rapporté de Sukawati.

Merci Bali pour tes illuminations spirituelles, merci Gurvan pour ton accueil, merci Agung pour tout ce que nous avons partagé, merci Meiri pour la paix qui raillonne autour de toi, merci à toutes et tous qui ont croisé ma route et m’ont donné à apprécier et comprendre ce monde. Car ce qui importe le plus ce n’est pas de voyager, mais c’est ceux avec qui l’on voyage…

Ainsi sont les voyages, ils illuminent nos cœurs, notre esprit et nous révèlent d’autres pensées.

Kler

Petite note de l’auteur : Pour tous les nouveaux venus, cet article est la conclusion de mon périple à Bali. Si vous souhaitez suivre mon cheminement, je vous invite à découvrir mon premier article.

Étape à Kuala Lumpur

Kuala Lumpur Petronas TowersJe viens de rencontrer deux voyageurs francophone sur le quai du Klia Express. Corline est d’origine belge et Cuong a des ascendances vietnamiennes. Je les entendaient discuter en attendant le train pour KL Sentral et me suis invité dans leur conversation. Ensemble nous filons à la découverte de Kuala Lumpur et des Petronas Tower !

Corline partage la vie d’une famille balinaise depuis près de treize années et est maintenant « dadong » (grand-mère). Cuong est un spécialiste des franchises chez Winamax, le célèbre site de poker en ligne. Trois univers qui se découvrent en direction de la station centrale de Kuala Lumpur, à bord du kereta api KLIA Express.

De Kl Sentral, et après quelques minutes de recherche nous prenons le métro malais vers Suria KLCC, le centre commercial des twin towers. Le métro s’arrête juste en face et le spectacle est saisissant ! C’est une architecture titanesque dans un assemblage élégant d’acier et de verre teinté, aux couleurs scintillantes sous la lumière de cette fin de soirée. Les flèches de métal réfléchissantes s’élèvent très haut dans le ciel comme pour toucher les nuages.

Suria KLCCLa galerie est un temple gigantesque de la mode et des parfums; Dior, Gucci, Vuitton, Chanel, Moschino, Lovely Laces, Guess, Zara, Hermes, Versace… Toutes les plus grandes marques européennes et américaines sont réunies ici sur pas moins de huit étages. C’est l’enfer du shopping, ou le paradis tout dépend du point de vue !

Il ne reste que quelques heures avant l’embarquement, alors nous nous rendons à Chinatown dans le marché local, le marché parallèle à KLCC où l’on trouve montres Cartier et sacs Vuitton, à la différence que ceux-ci ne sont que des contrefaçons. C’est un très grand souk à l’ambiance vivante, rempli de milliers de boutiquiers et d’étals de toutes sortes. L’allée centrale est conçue pour passer devant presque chacune des échoppes. Une fois sorti nous dégustons un petit repas chinois dans le quartier. Le voyage touche à sa fin et dans quelques heures nous nous envolerons pour Paris. Le port du sarong va me manquer sous nos latitudes hivernales… Un difficile étonnement m’attend, moi qui m’était très bien habitué au climat !


Instants volés au temps

J’ai profité de cette journée pleinement. Quelques derniers achats à Ubud, quelques soieries et un nouveau sarong de cérémonie ! Puis j’ai visité la boutique de Thread of Life, une association durable qui valorise le travail des artisans des îles de la Sonde.

Sur la route, je me suis arrêté quelques instants prendre en photo deux vaches balinaises. Elles avaient le pelage soyeux et une robe ocre jaune, et leurs yeux comme dessinés au crayon noir, à la façon des maquillages des danseuses de Legong.

Les criquets font vibre leur membranes, quelques chiens aboient dans le crépuscule en regardant passer une moto solitaire, la lune s’est élevé doucement dans le ciel et déjà je perçois les frêles bourdonnement d’un moustique alentour… Il est temps de se préparer, car ce soir est mon dernier soir.

J’ai tant reçu, tant partagé et donné du mieux que je pouvais, en écoutant simplement mon cœur. Bali invite au sourire et à s’ouvrir naturellement aux autres. Le simple “bonjour” d’un passant dans la rue est une chose naturelle, un regard, un geste amical et l’on vous ouvre son cœur comme si vous étiez un ami d’enfance. Je sais que cette culture nouvelle dont j’entendais parler sans jamais l’avoir rencontré m’a transformé. J’ai la tête pleine de souvenirs captivants et d’images fabuleuses…

La vie est plus paisible ici, douce, calme, on prend le temps de vivre et tout vous semble plus simple. Chacun accepte aisément les choses, dussent-elles nous sembler abstraites ou difficiles. L’étiquette et le langage expriment un monde codifié où chacun a constamment conscience de sa place dans la société, le temps et l’espace. Les Balinais demandent moins volontiers le nom que la caste par la phrase « Où êtes-vous assis ? ». Il saura alors quel langage adopter et s’il doit physiquement s’asseoir plus bas.

Ici, le stress de nos vies sur-actives s’estompent rapidement. Aussi, le retour aux réalités qui m’attendent en Europe risque d’être épineux. N’y pensons pas, il me reste encore une nuit et je vais la passer avec mes amis. J’attends Neige, Kadek, Gurvan, Agung et Surya pour aller dîner à Denpasar.

Amed, le retour des prahus

Eka PurnamaJ’aperçois au loin les fanions lumineux des navires à balanciers des pêcheurs du coin, les prahus. De tous côtés, les voiles triangulaires arrivent à l’horizon comme un vol de libellules.

Le poisson déchargé, ce sont les femmes qui le porte vers la route du village. Il n’y a qu’une route à Amed qui épouse les flancs capricieux du volcan et le matin (il est environ 7 heures), l’odeur des maquereaux fraîchement pêchés rempli le rivage. La vente peut alors commencer. Les filets sont dépliés et étendus sur des centaines de mètres le long de la route et les hommes les démêlent et réparent les dizaines d’hameçons qui les compose.

Après ce spectacle étonnant, je me dirige vers la plage la plus proche de l’Eka Purnama. Le snorkelling est une activité facile et les fonds marins offrent ici des surprises exceptionnelles. Je n’imaginais pas à quel point la faune sauvage pouvait être aussi riche à cet endroit. Des coraux mauves et blancs à perte de vue et des poissons multicolores, des bleus argentés, des poissons-lune, jaunes à rayures noires, orange, rouge vif ou blancs nacrés. Le spectacle est époustouflant.

La chaleur est torride ce matin. Vers 10 heures, le soleil est presque au zénith et je m’arrête régulièrement profiter du calme apaisant des plages de sable fin.

Le retour fut chaud, très chaud et les vents poussiéreux de l’autoroute du sud se déchaînent souvent, charriant poussières et sables qui m’accablent le nez. J’arrive à Ubud dans la soirée, la gorge sèche et le visage noirci. Je partage la soirée avec Pras au Cinta, lui déguste un Mango mojito et moi je me régale devant un délicieux Nasi Campur. J’ai des souvenirs plein la tête et un énorme corail blanc dans mon sac.