Proverbe de Bali : « Kolibri di pagi, sampai besok mimpi ! »

En Indonésie la nature est féconde

À Bali, la nature donne naissance à une flore et une faune incroyable, vibrante de couleurs, pleine de parfums et de saveurs. Reptiles, oiseaux, fleurs sauvages et arbres fruitiers, l’archipel Indonésien est un des pays à la plus forte biodiversité de la planète. Pourtant, ici aussi la terre est confrontée à une multitudes de menaces, tel que l’industrialisation, l’appauvrissement des sols, l’expansion des plantations d’huile de palme ou l’exploitation forestière à outrance.

Dans le Parc aux Oiseaux de Peliatan, on protège les oiseaux de la folie des hommes. Y coexistent les derniers représentants des plus belles espèces exotiques de l’archipel. Mais les animaux sont en cages, dans de gigantesques volières et jungles artificielles, loin des horizons de jadis où seul Garuda, le Maître des Airs de l’Indonésie parcourait en paix les cieux Balinais.

Histoire du colibri de Padang Bai

C’était un matin sur les toits de Padang Bai. Sarong à la taille et une kretek aux lèvres, je soufflai avec nonchalance quelques volutes parfumées en observant le port et le ballet incessant des ferries de Lombok. Les navires arrivaient, les cales des navires s’ouvraient comme des cuirasses desquelles sortait un flot ininterrompu de camions, de fourgonnettes, de citernes et de grands bahuts lestés d’une importante cargaison. De nouveaux véhicules arrivaient, s’engouffraient dans le ventre du bateau avec leurs containers remplis d’eau, de vivres, de carburant, de fruits , de légumes, d’épices ou de… kacang 1 !

La corne de brume sonna trois fois, puis dans un bouillonnement d’écume et de vapeur d’essence, la coque se mua lentement en direction de son lointain destin. À cet instant, un second navire entrait dans la rade et la chorégraphie des cargos reprenait de plus belle.

Au Nord la dame en rouge, dont j’avais croisé hier le regard affable avait fleuri le petit temple perché au-dessus de son toit. Un chat tigré se pourléchait les babines en savourant les quelques offrandes déposées sur l’autel.

Au Sud, derrière la colline j’entendis le chant lointain et nasillard d’un muezzin, récitant ses louanges au Soleil aux premières lueurs du jour.

À l’Ouest la ville s’éveillait doucement. Elle murmurait quelque chose, comme une invitation à entrer dans la quiétude de ce jour qui commençait à peine.

C’est en posant mes yeux vers l’Est que je le vit. Il survolait le frangipanier, fuchsia sous les éclats d’or de Sûrya. Il faisait vibrer ses fines ailes, si vite qu’on aurait cru qu’il flottait dans les airs au-dessus des arbres. Corps et tête noire, colletée de turquoise et doué d’un bec courbé avec lequel il s’enfonçait entre les pétales des fleurs pour en recueillir le pollen ou quelques gouttes de rosée.

Je n’en croyais pas mes yeux ! Un colibri sauvage, au dessus de la cité portuaire fort animée de Padang Bai ! Incontestablement, la Nature est riche et généreuse en Indonésie. Il nous faut la protéger et savoir la remercier, lorsque le temps suspend son vol et qu’elle nous offre de tels trésors. Comme le prétend ce proverbe Balinais : « Colibri du matin, rêve jusqu’à demain ! »

1. Ici, tout le monde en mange. Et c’est vrai qu’elles sont délicieuses… les cacahuètes !

Autour d’Amed : respecter et protéger les trésors marins

À Amed, sur la côte Est de Bali, elles, ils ont fait le choix de vivre autrement, de faire leur part et de faire découvrir leur île d’une manière responsable. Une école de plongée qui protège le récif corallien et les animaux spectaculaires qui y vivent, une boutique de produits cosmétiques équitables, des associations de protection de l’environnement, une Fondation pour régénérer les écosystèmes marins, etc. Ils travaillent ensemble, en respectant la faune, la flore et les autochtones.

Limace de Mer à Amed
L’incroyable biodiversité du récif corallien.

Dans cette région très rurale de l’île, des organisations ont décidé de changer les choses et les mentalités. Ici le taux d’illettrisme y est supérieur à la moyenne, Amed est peut-être une région très touristique mais c’est aussi une région très pauvre. Il n’y a pas d’accès à l’eau courante partout (comme à Tukad-item, Seraya) et l’électricité disponible y est très faible. Ce contraste avec les proches hôtels me fait hurler !

Éduquer pour sensibiliser

L’ignorance, le développement non-durable et l’insouciance mettent ce paradis tropical en danger. Depuis son ouverture en 2002, l’Amed Dive Center a adopté une politique de respect de l’environnement et se concentre essentiellement sur le développement durable et la protection de la faune aquatique locale. L’Amed Dive Center forme son personnel et essaie de sensibiliser les gens de la région. Ils militent activement pour le nettoyage des plages et collecte les déchets dans le massif corallien, où qu’ils s’y trouvent.

Plus d’infos sur leur site : Amed Dive Center

Quand l’Art s’invite chez les poissons

The Marine Foundation est un collectif artistique qui réalise des sculptures sous-marines pour régénérer les écosystèmes et les récifs coralliens à travers le monde. Les sculptures sont réalisées en ciment au ph neutre. Elles deviendront de formidables abris pour les poissons et un récif artificiel pour les coraux.

The Mermaid of Jemeluk & Amed, Bali, 2013 :

Recyclage et valorisation des déchets

C’est une des actions de Peduli Alam, qui collecte pas moins de 5 tonnes de déchets par mois et les recycle. Certains sont utilisés pour fabriquer des sacs recyclés, vendus en Europe afin de sensibiliser les consommateurs et pour financer de nouvelles actions à Bali. Forte de ces premiers succès, Peduli Alam prévoit d’étendre son action de manière durable dans d’autres régions de l’Île des Dieux. Pour compléter son projet, elle travaille également sur la protection des fonds sous-marins.

En soutenant ainsi des actions durables, les régions de Tulamben, Karangasem, Kusambi, d’Amed, de Jemeluk ou de Selang à l’Est de Bali contribuent à la sauvegarde de leurs trésors marins. C’est bien sûr à nous, touristes, qu’il revient de soutenir ces actions, de consommer responsable, de respecter l’environnement et la culture Balinaise lorsque nous voyageons dans ce paradis lointain.

Les singes de la Monkey Forest

Les singes de la Monkey ForestÀ Bali, il existe de nombreuses réserves où les singes cohabitent avec les humains. Excursion dans la Monkey Forest de Ubud à la rencontre de ces macaques arboricoles.

La Forêt des Singes de Ubud est un très grand espace boisé au centre duquel siège un gigantesque banian. Un temple y a été bâti, dans lequel on croise beaucoup de primates. Ces derniers y ont élus domicile. Ce lieu me fait songer aux contes de l’Orient et des 1001 nuits, à ces temples lointains perdus aux milieux d’épaisses forêts, demeure des magots, orang-outans et autres quadrumanes.

Ici les singes sont rois et plutôt farceur. Friands de pisang (bananes) ou de radis noir, mais le fruit de toute leur convoitise reste sans nul doute les sacs à main des jolies touristes de passage.

Susceptibles lorsqu’ils déjeunent, il est vivement recommandé d’attacher fermement son sarong et de savoir donner du pied (avec légèreté) lors des affrontements qui surviennent parfois…

Peliatan et le Parc des Oiseaux

Je reviens de Peliatan, un petit village proche de Ubud dont la vallée verdoyante est un vrai coin de paradis. Déjeuner au Café Dewi dont la petite terrasse donne sur les gorges et les rizières en escalier. Puis nous avons parcouru le fabuleux Parc aux Oiseaux de Ubud qui regroupe de nombreuses espèces volatiles de l’Indonésie, malheureusement pour la plupart en voie de disparition.

Les animaux qui vivent ici proviennent de Bornéo, de Java, de Papouasie, de Bali et d’autres régions de l’Asie méridionale. Des aras rouges, des toucans, casoars, grues et perroquets, des ménates ou des paons blancs, flamands roses et cigognes, pélicans, chauves-souris, qui errent librement, vivent et se reproduisent en toute liberté. Le Parc abrite une étonnante diversité d’oiseaux, ainsi que l’extraordinaire Dragon de Komodo, un lézard géant carnivore, descendant direct d’un antique dinosaure et très rarement vu en captivité.

Le parc est divisé en régions qui recréent l’habitat naturel de ces volatiles, avec la flore indigène. On y découvre avec émerveillement une des plus grandes réserves d’oiseaux du paradis du monde entier.

Mais l’impact de l’activité humaine en Indonésie est visible partout : les ordures ménagères sont brûlées à même le sol, sans cérémonies, ou jetées dans les lacs et rivières. Réapparaissent çà et là sacs et plastiques, jusqu’au fond des vallées profondes que l’on croyait préservées de la pollution humaine… Laquelle est très importante et les espèces animales sauvages disparaissent rapidement.

J’ajouterai ici une petite aparté écologique alarmante : on estime aujourd’hui qu’une espèce vivante disparaît toutes les 20 minutes environ ; le rythme de disparition des espèces est 1000 fois supérieur au rythme attendu et estimé sur les 10 derniers millions d’années. Si l’homme continue sur sa lancée, plus des deux tiers des espèces mondiales auront donc disparu en 2100 ! Ces données proviennent du Millenium Ecosystem Assessment, un rapport établi en 2005 par 1360 experts mondiaux à la demande des Nations unies.

Ce soir les grenouilles et les crapauds-buffles répondent en échos aux sons métalliques des gamelans. Nous sirotons un ginger teh à la terrasse du Deli Cat en compagnie de Meiri. Au loin les éclairs fulgurants zèbrent le ciel. La soirée fut orageuse, un déluge d’eau ! Aussi le petit massage aux huiles essentielles de ce soir fut bien apprecié 😉