Chantiers navals Gili Air

Les chantiers navals de Gili Air

Construction des bateaux sur la plagePar un bel après-midi ensoleillé, nous quittons Gili Trawangan pour jeter l’ancre à Gili Air. J’avais prévu d’aller marcher le long de la piste de sable qui longe le port, mais je découvre les Chantiers navals où quelques bateaux traditionnels sont en cours de construction. Je décide alors de discuter avec les menuisiers et les peintres qui s’affairent ici.

Les bateaux sont construits directement sur la plage et sous la forêt avoisinante. Ils sont fait de bois, ont tous une forme et une longueur similaire, environ 30 pieds de long (entre 9 et 10 mètres). Ce qui était intéressant est que ces navires étaient en construction, l’un n’avait pas de poupe, un autre était entrain d’être repeint, un menuisier de marine fabriquait des stabilisateurs et, plus loin, un groupe d’hommes taillaient le bois pour lui faire épouser les lignes gracieuses d’un châssis.

Une conception très originale

Chantiers navals Bali Lombok

Ici, les constructeurs ont développé une très inhabituelle façon de concevoir leurs bateaux ; ils construisent en premier lieu la coque puis ajoutent ensuite l’armature intérieure.

Habituellement, on construit d’abord la charpente que l’on assemble selon des positions précises. Suite à cette étape viennent se greffer sur le gabarit les planches qui formeront la coque du bateau. Cela nécessite de bâtir son navire à l’envers, et d’être ensuite en mesure de le retourner. En construisant la coque d’abord, aucune de ces trois étapes n’est nécessaire.

Un marin m’explique qu’il utilise un mélange de techniques traditionnelles et modernes. Les planches sont jointes bord à bord à l’aide de chevilles en bois, lesquelles proviennent de Sumbawa. Celles-ci sont enfoncés dans des trous percés à intervalles réguliers le long du bord de chaque planche. Ces chevilles permettent d’obtenir des joints très résistants. À mesure que le bateau prend l’eau, les chevilles gonfleront dans leur trou pour se fixer très solidement dans la coque.

Des navires aux courbes élancées

La fabrication d'une coque de bateauPour que le bois des planches ne se brise pas lors des torsions et des étirements, les planches sont cuites à la vapeur.

Le processus est appliqué sur place, en allumant un feu sous les planches et en appliquant un linge humide sur le bois afin de prévenir tout incendie. Après 1 heure ou 2, le bois devenu flexible peut être formé sans se rompre. On maintient les planches en place par des cordes le temps qu’elles refroidissent et conservent cette forme.

En utilisant la forme du bois pour réaliser les châssis, la charpente et les balanciers plutôt qu’en les taillant au format souhaité, on économise aussi une grande partie de matière première tout en procurant une plus grande résistance au bateau.

Le bois pour les charpentes est acheminé depuis l’île voisine de Lombok. Les planches viennent quant à elles des chantiers navals de Sulawesi, où de très grands bateaux y sont toujours construits en bois. Très peu d’outils entrent dans la conception des bateaux. Planches et cadres sont coupés, taillés et façonnés à la main, en utilisant une petite herminette. Ensuite seront ajoutés les stabilisateurs traditionnels en bambou, puis le bateau sera peint de couleurs vives suivant l’inspiration de son propriétaire.

Cette journée m’aura permis de rencontrer des artisans locaux et d’en apprendre davantage sur la fabrication de leurs embarcations traditionnelles. Je clôture cette belle après-midi par un joli dessin du port et des navires en construction, lequel me vaudra quelques « Bagus lukis !* »

* Jolie peinture !

© Crédits photos : Nathalie Lavollé, Gili Air, Octobre 2015.

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